La conception du roman
« J’ai commencé à écrire Moi comme les chiens au début de l’été 2006. J’avais alors vingt-deux ans, je revenais tout juste de Montréal, où j’avais vécu deux ans.
Les premières idées sur le roman me sont venues là-bas. D’abord des personnages, puis des situations. Pendant un an ou deux, je les ai développés mentalement, sans les mettre par écrit. Tout cela restait à l’état de bribes.
L’histoire de Moi comme les chiens en tant que telle, constituée, je l’ai attrapée comme on chope une maladie. D’un coup. Mon frère m’a prêté Shinjuku Triad Society de Takashi Miike, un film de yakuzas. Après l’avoir vu, j’ai pensé : il faut que j’écrive un roman de cette trempe-là. Je me suis mise au travail.
C’était l’époque de la Coupe du monde 2006 et du mouvement étudiant contre le CPE.
Je les ai intégrés dans le roman, par hasard, comme ces éléments faisaient alors partie de mon quotidien.
Du film Shinjuku Triad Society, je retins la forme simple du scénario : vengeance, traque, violence.
La première version du roman était donc très courte, une centaine de pages. Un ami me conseilla d’approfondir tous les thèmes que je n’avais fait qu’effleurer : la culture underground rock de gamins désœuvrés, le système D, la camaraderie adolescente, la marchandisation du corps et du désir, l’évanescence de la jeunesse.
Pendant les années qui suivirent, j’ai constamment réécrit et retouché le manuscrit.
J’ai envoyé mon manuscrit par la poste. Hector Paoli, des éditions Moisson Rouge, a été le premier éditeur à me proposer un contrat. Nous nous sommes rencontrés en septembre 2009.
En octobre, je « signais chez lui ».
On me demande parfois quelles sont mes « influences ». Je lis, bien sûr, comme tous les auteurs, mais je crois que ce sont surtout des films qui m’ont influencée, pour Moi comme les chiens. Quand j’écris, j’essaie seulement de faire au plus simple. Je n’ai pas d’autres contraintes. »
Sophie Di Ricci
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